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Passer la tête dans l’entrebâillement de la porte revient à surprendre des candidats bachotteurs. Chacun à sa table, Varvara Pomidor, Aleksei Nikitin (originaires de Saint-Pétersbourg) et les Rennais Nylso et Sébastien Lumineau s’affairent papiers et crayon en main. Ils se sont rencontrés pour la première fois fin janvier au festival d’Angoulême où la nouvelle bande dessinée russe était à l’honneur.
C’est à Angoulême 2009 que l’idée de cette résidence a germé lors d’une rencontre entre les membres de Périscopages (Rencontres de la Bande dessinée d'Auteur et de l'Édition Indépendante) et Dimitri Iakovlev, organisateur du jeune festival de BD Boomfest à Saint-Pétersbourg. Les relations que les Ateliers du Vent entretiennent avec la Russie depuis plusieurs années et la perspective de l’année France-Russie 2010 ont fait le reste.
La mayonnaise a pris entre les quatre "encasés", malgré la barrière de la langue. Bettina Egger, autrichienne qui gravite autour du collectif d’illustrateurs rennais L’Œuf, assure la traduction franco-russe. «La première semaine, on s’est découvert. Nous ne connaissions pas leurs boulots, explique Nylso. Puis, on les a invités à manger, on les a emmenés chez Alphagraph, aux Champs Libres…»
Aleksei a la tête encore farcie de toutes les BD vues. Varvara l’a d’ailleurs croqué en état de choc devant une étagère. Une impression parmi les nombreuses captées ici. «Je fixe ce que je vois, je prends des notes, confie-t-elle. Il m’est difficile de penser maintenant à un projet concret. j’ai besoin de digérer.» Aleksei a déjà une idée de l’histoire qu’il dessinera pour le futur ouvrage commun. Avec un de ses amis en fil conducteur, elle se déroulera au Boomfest, à Angoulême, à Rennes… Il espère la montrer aux Rennais lorsqu’ils viendront à leur tour en résidence à Saint-Pétersbourg en septembre prochain.
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Les dessinateurs Rennais et Russes, avec la traductrice (photo ville de Rennes - D. Gouray)
«La BD d’Aleksei coure sur une soixantaine de pages, moi je m’en fixe une vingtaine, rigole Sébastien Lumineau. C’est une fiction idiote genre série Z. Je suis parti de nos personnages, et les Russes pourront intervenir dans leurs propres dialogues.» L’aspect vécu et autobiographique surgit aussi chez Nylso : «Ils ont reconnu mon appartement. Il y a un côté initiatique avec des textes bilingues et une démarche de traduction pratiquement simultanée.»
article d'Eric Prévert, sur www.rennes.fr
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